Jonctions
"Je vis et je travaille en ville. J’aime l’environnement urbain, ses bruits, les tracés des rues, les trajets qu’ils nous invitent à suivre. J’aime observer et participer à ces chorégraphies inconscientes des passants qui s’arrêtent ensemble sur le bord d’un trottoir, tiens, non, un soliste s’élance…
Je travaille dans le quartier de la Jonction depuis près de 15 ans. Je vis les mutations du quartier et les intègre plus ou moins explicitement dans mes créations. Au Galpon du Vélodrome, j’ai travaillé sous le niveau de la rue. J’ai dansé en sous-sol et, au-dessus de ma tête, des gens s'aimaient, mangeaient, dormaient, se saluaient, s’évitaient, traçaient des parcours immuables ou au contraire changeants.
Aujourd’hui, je croise ces réalités en créant un projet qui prend appui sur la sensation que j’ai de ce quartier en mouvement.
les gens des villes est une intersection entre la verticale des logements urbains et l’horizontale des routes et chemins qui les relient, une rencontre entre une compagnie de danse travaillant dans les sous-sols et des habitants qui vivent au-dessus.” Nathalie Tacchella
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les gens des villes
se déroule sur deux ans, de septembre 2010 à juin 2012. Ce projet chorégraphique pose la question de la place de l’artiste et de la relation qu’il construit avec son environnement visuel, sonore, architectural et social. Les gens des villes investit l’espace public avec le public et met en commun la multiplicité des perceptions. Il pousse à l’extrême la notion de “hors les murs” en incluant activement les habitants dans l’événement, plutôt que de les maintenir à l’état de spectateurs d’une pièce chorégraphique dont la construction se fonde – entre autres – sur l’observation de leurs propres habitudes de déplacements et de rencontres !
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Porté par la compagnie de l’estuaire, les gens des villes se déroule en collaboration avec l’équipe pédagogique de l’établissement scolaire Cité-Jonction et Plantaporrêts et met en mouvement dans le quartier les 400 élèves de l’école. En menant des ateliers de danse contemporaine dans l’école, la compagnie considère l’élève comme enfant d’une famille, comme habitant de son immeuble, de son quartier. C’est l’enfant, porteur d’avenir, qui va alors inviter son cercle familial et social à entrer dans une aventure artistique.